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2005-08

Dignity-Dignité Jessie, Sylvianne, Marie, Johanne

photographies + campagne d’infiltration par carte postale

Le projet dignité – (dignity) met en scène des femmes qui vivent, ou ont vécu des périodes d’itinérance. L’intention est de présenter ces femmes comme des candidates à une justice équitable, et non comme des êtres inspirant la pitié ou l’indifférence. Le but est de répertorier les souvenirs dont le sujet a conscience, en vue de les insérer littéralement dans le cadre de l’image.

La photographie de mode et le portrait commercial sont rarement investis d’un contenu éditorial. Ce sont deux styles peu critiqués par le grand public, qui admet cependant volontiers l’intention mercantile des annonceurs. l’idée est de présenter les itinérantes participant au projet comme de véritables modèles de magazine. La représentation de la pauvreté comparée à celle de la richesse n’étant pas commodément faite, on tente un métissage des réalités urbaines.

Une pose de Jessie ou Marie n’a pas l’arrogance de celle d’un modèle professionnel. Ce jeu de l’exhibition dévoile dans les postures un aspect de la personnalité du modèle, mais demeure un étalage de stéréotypes familiers. Bien qu’ils ajoutent un certain ludisme à l’œuvre, ces clichés de type familier sont investis d’une inspiration publicitaire.

La présence de « dignity – dignité » dans une institution muséale « injecte de l’aléatoire humain » grâce à une stratégie empruntée à la sémantique publicitaire.

Salut Christian, Je me sens une certaine gêne et un peu de honte, à te parler (t’écrire) de mon histoire, je le fais, sur ta demande. Comment s’est arrivé, ce bout de chemin, moi et mon conjoint, avions, je trouve, une vie, plate, je ne travaillais pas, c’est fin de l’année 2004, pas de vie sociale, du tout. Je faisais des choses à la maison, un peu de bricolage, choses domestiques etc.… Mon conjoint, lui, travaillait, pour une drôle de Monsieur, qui n’étais pas toujours correcte avec lui, il travaillait tout le temps. On ne se voyait pas gros. Financièrement, c’étais difficile, c’est comme ça qu’on a perdu le logement. Ma mère est décédée en janvier 2003, 2 mois plus tard, fin mars, il fallait, quitté les lieux. On a déménagé le stock dans un entrepôt et l’on s’est tapé des hôtels, un motel. C’étais assez cher mets-en. Une bonne journée, je me suis dit : je vais m’en aller à l’O.B.M., place d’hébergement pour femme, lui vivait, chez un ami. Au début, rester là-bas, c’était pas évident, je me sentais, dans une sorte de prison. Mais tu t’habitues vite. Moi je regardais beaucoup les bons côtés, t’as un toit sur la tête surtout l’hiver, (fin août 2004, je suis à l’O.B.M.) tu as ton lit (le 223 dans un coin) , des draps propres, une fois semaine.Déjeuner 7h00 a.m. et souper à 16h45 et une douche le soir après souper. Là-bas, t’a des règles à suivre, c’est correct, comme ça, sinon ça serait le free for all là-dedans, oublie ça. J’ai aimé cette vie, à l’O.B.M. quand même, c’est pas juste du négatif, j’ai connu du monde ben tripant, une certaine Jacynthe qui a son logement depuis juillet 2005, bien heureuse pour elle. Jesse, est une femme, que j’ai aimé côtoyer aussi et d’autres personnes. Bonneau la première fois accompagné de Jesse, ce matin-là elle étais sur un down triste et je lui ai dit : j’y vais avec toé à matin. La misère en pleine face, c’est incroyable de voir ça je vais toujours m’en rappeler. Il y a un respect malgré tout entre eux, ça va te sembler peut-être fou, mais j’ai appris de ces gens de la rue. Certains citoyens dits normals sont plus bas qu’eux autres. J’t’le jure. Il y a des gars là-bas que j’ai considéré comme des frères de rue. Mais pas longtemps, c’est dur, c’est rock and roll. J’ai eu la réalité de cela en pleine face une bonne journée. J’ai mis un stop à ça pour ma sécurité et pour quelqu’un que j’aime ben gros. Il y a quelqu’un , très jaloux qui lui a voulut du mal, physiquement, ça c’est trop. Aucune violence ne peut être toléré après avoir vécu toutes ces journées parfois difficiles, j’ai beaucoup de force morale. Merci mon Dieu… P.S : Bonneau, cet endroit, ça faisait longtemps que j’en entendais parler, j’y suis allée, j’ai vu. Beaucoup de courage, mon désir de garder cette certaine FORCE de faire quelque chose de ma vie quelque chose de bien, le bénévolat. Petite parenthèse c’est rock and roll, ici où j’habite mais c’est un 1et demi, temporairement, de trouver un autre logement. Mais on a un toit sur la tête, j’ai fait un peu de popote aujourd’hui ça fait du bien au moral. Pour rajouter à la vie, à l’O.B.M. pas tout le monde peut rester là, quand le dortoir est plein, tu es une quarantaine de femmes là dedans, ça pleure, cri, chicane, tousse, pet, rote etc.… C’est pas toujours évident. Et aussi, quand tu n’es pas résidente, tu dois traîner tes sacs. J’ai déjà lâché un travail à cause des sacs, j’étais épuisé, j’ai décidé d’arrêter et faire attention à mon p’tit corps endolori, le dos en compote, je trouve, et à l’opinion d’autres personnes, c’est une des choses les plus dures de cette vie, c’est traîner des sacs tous les jours. Pour revenir au bénévolat, ma mère, en faisait beaucoup et par grand respect pour elle, j’en fait et ça me fait du bien et anyway en aidant les autres tu t’aides toi-même. Pour l’instant je m’en sors bien, je garde le moral, je suis heureuse d’avoir ce petit logement, d’avoir la vie que j’ai. Je suis chanceuse, malgré tout. Au mois de mai 2005 en attendant de rester à l’O.B.M., il y a toi, Christian, qui recherche des gens qui vivent l’itinérance et cette vielà. Et Jesse en parlait elle aussi et ça m’a tenté d ’embarquer et je trouve cette expérience valorisante et intéressante. C’est un très beau métier « photographe », et cela, me fait plaisir de travailler ensemble. J’ai appris des choses ur moi et je suis privilégiée. Je te remercie de ta patience et de ta gentillesse aussi. Et ta blonde Sonia en passant est très gentille, et elle t’as bien assisté l’autre fois au parc, avec le gros machin pour l’éclairage, je ne sais pas comment ça s’appelle. Les photos sont bonnes et parlent beaucoup des yeux. Merci encore Christian Amitiés à Sonia et Christophe Au plaisir Marie P.S :Je n’ai pas beaucoup parlé de mon conjoint dans tout ça, amis des fois, dans cette vie, surtout à l’O.B.M., lui il travaillais de son bord. Quand on se voyait c’était de courte durée et aussi je suis honnête de te le dire, égoïstement, il y a des journées que je préférais faire mes petites affaires toutes seules. Mais je pensais à lui tous les jours. Il y avait des journées aussi qu’on se voyait pas du tout, c’est comme si nos vies s’étaient séparées d’une certaine façon. C’est difficile à t’expliquer. Il faut le vivre pour le comprendre. On est encore ensemble malgré tout et ça dure depuis 25 ans, C’est pas rien. On est « toff ». Je le dis avec une fierté et c’est bien normal. Surtout quand tu passes à travers des durs moments de la vie avec quelqu’un ou avec quelques-uns. On s’en sort bien et surtout « je lâche pas la patate » Vivre ça, ça peut arriver à n’importe qui, on est à l’abri de rien.

Ma vie Il y a 30 ans, je commence à consommer. J’ai toujours entendu des choses négatives au sujet de la drogue, de ceux qui la prennent. Dans le fond de moi-même, je me demandais ce qu’il y avait de si noir puisque je la prenais pour mon bien-être. Un jour, j’ai appris que la drogue au début des temps servait aux prêtres pour se rapprocher de Dieu, pour s’élever spirituellement. À partir de ce moment, j’ai compris qu’il y avait du bon à ces substances. Tout est dans la façon de penser. Ce que j’ai compris c’est que pris à bon escient ça peut aider grandement. Dans mon entourage, je suis une des seules vivant encore. Je crois que c’est à cause de ma confiance en la vie en mon produit et surtout à mon instinct. J’ai connu beaucoup de monde qui voulaient capoter, se faucher, se péter, qui y sont parvenus. Moi je voulais comprendre, je voulais m’auto-analyser, je voulais être bien en attendant de pouvoir changer mon chemin de vie et bien dans cette ligne de conduite, j’ai réussi. En thérapie, je ne me sentais pas à ma place avec mes idées inversées. Il fallait bien que je m’en sorte seule. Maintenant, je sais que je sois sur n’importe lequel chemin, il faut simplement prendre le positif malgré les mauvaises langues négatives souvent mal instruites. Je suis moi et de cette façon je suis sure d’avoir la formule gagnante. La maladie mentale. La consommation apporte souvent des étiquettes paranoïa, dépression , schizophrénie etc.. Moi j’ai accepté pas ça. Nous vivons tous des réalités différentes. J’ai lu dans la Bible que nul n’avait le droit de dire de quelqu’un qu’il est fou. C’est une attaque à Dieu. Ce que j’ai compris c’est que Dieu n’est pas nul. Tout le monde à ses idées , il y en a qui peuvent de perdre avec, ils doutent d’eux et hop c’est parti et souvent il y a les autres à côté, au lieu de les ramener vont les condamner. . J’écoutais dans un reportage que bizarrement nous n’avons plus de prophètes. Certains pensent qu’ils sont étiquettés quelque part. tant de vie gaspillées par le doute et et par les préjugés. Mon seul message est de ne jamais douter. Je peux penser quelques fois être dans l’envers mais pas douter de mes grandes capacité. Je peux vous certifier que jamais je me laisserais étiquette car personne est assez bien pour me dire qui ou quoi je suis. C’est ça qui est débile. La criminalité. J’ai eu des déboires avec la justice. Vol, violence, Prostitution. Je ne me rappelle pas d’avoir eu honte de mes agissements lorsque je me suis rendu compte que je faisais du tors à des personnes vraiment innocentes ma conscience faisaient en sorte de ne plus outre passer mes principes. En réfléchissant seule à mes actes. J’ai pu sans penser A ce que les autres en pensent, j’ai pu évoluer et apporter les changements pour ma décriminalisation moi-même. Personne n’est criminel souvent des le plus jeunes âges c’est là qu’on est formé dans l’œuf. Dans la criminalité, il ne faut jamais outre passer ces principes. Quand ça pince en dedans, il est temps d’apporter des réflexions et de la compréhension. Jeune, je me suis perdue. C’n’est pas moi qui contrôlais ma vie. Maintenant plus personne va me perdre pour me pointer par la suite. Je m’élève bien mieux seule Johanne Rioux