À partir d’une récupération précise de pièces de voitures de luxe accidentées, je veux réaliser un corpus d'oeuvres vidéo et photographique qui présente ces objets à la manières d'un catalogue.
A l'aide des techniques d'éclairage du clair obscur, régulièrement employées pour la mise en marché des objet de " luxe", j'ai l'intention de déposséder l'objet accidenté de sa surcharge dramatique pour lui associer un sentiment de "déjà vu" mercantile. Mon intention est de créer des images qui reproduisent fidèlement cette aura "du bon goût" exceptionnellement associée aux grandes marques commerciales. La perversion ironique de ce corpus, réside dans sa fausse intention anthropologique, juxtaposée a une réelle facture d'allure publicitaire. Volontairement coupable de contrefaçon, j'explore par une association douteuse, l'abject de l'événement aléatoire qu'est l'accident pour aboutir à une alternative sensualiste profondément connotée.
(suite) Tout d'abord, rappelons nous que la fabrication des marques répond à de sérieuses études de commercialisation pour une clientèle ciblée. L'occupation d'un espace d'affichage par une photographie publicitaire est très souvent "accessoire". On peut même spéculer sur son importance; l'image publicitaire a une fonction singulièrement ornementale. Elle est le prétexte à une occupation de l'espace nécessaire à la rédaction d'une "ligne" qui vient à la fois amplifier et clarifier l'intention de l'annonceur pour réconforter le consommateur sur ce qu'il doit voir. La stratégie est efficace, une fois le client potentiel "accroché", il est guidé vers un nouveau besoin. Naturellement, les mots sont toujours plus facile à retenir que les images, qui elles, nécessitent un descriptif. Cette sollicitation continue est sûrement abrutissante, mais cette équation image et texte, fait resurgir de mon intention un paradoxe.
Bien que ma méthodologie d'allure dialectique soit séduisante, elle doit respecter précisément les codes esthétiques et le perfectionnisme irréel du marchandisage des marques. Cependant, mon travail porte essentiellement sur des images dépourvues de texte. En l'absence d'une "signature graphique", le contenu de l'image est soumis à une tension nouvelle. La disparition de la "griffe" laisse un vide sur la surface photographique, modifie le plan de montage, influence le cadrage et provoque un déséquilibre formel. Il devient difficile d'ignorer la composition de l'image. Ce "style" familier et réconfortant est contaminé par le reliquaire d'une tragédie et place le spectateur dans l'embarras. Tout est mis en place pour assurer une expérience esthétique discordante.
A quoi peut bien servir cette démonstration qui ne dénote rien, alors qu'elle a un sens ? Il s'agit d’établir un référent commun. C'est que l'emploi des moyens de production publicitaires est parallèle à une distinction; celle entre la connaissance par "acquaintance" et la connaissance par description. Il est possible de connaître, par la description, les objets dont nous n'avons pas l'expérience directe. Tout comme dans l'énoncé publicitaire et l'expérience d'un accident mortel, nous reposons uniquement notre connaissance sur le témoignage d'autrui.
Ma recherche basée sur ces deux thèmes sans affinités apparentes provient d'une mûre réflexion sur la commercialisation des "sensations du désir" qui aggravent le sentiment de manque et d’inachèvement.
1. Wolfgang Iser, La fiction comme effet, Poétique, vol.10, #39, p. 283.
Christian Barré Self Portrait -Autoportrait
Photo. on - sur Duratrans,
48"X36" (121.92 X 91.44 cm)
2009
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Christian Barré
Extraits de- Excerpt from- Car Crash Mémories
THE REVOLUTION WAS MEANINGFUL TO HER HD video 2008-2009 All rights reserved - Tous doits réservés
Christian Barré
Portrait Martine Hardy
Photo. on - sur Duratrans,
48"X36" (121.92 X 91.44 cm)
2009
(framed or lightbox - encadrés ou sur film rétro-éclairé) All rights reserved - Tous doits réservés
Christian Barré
Portrait Mathieu Leroux
Photo. on - sur Duratrans,
48"X36" (121.92 X 91.44 cm)
2009
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